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Origine du nom patronymique TRIAUD.

 

Le "nom de famille" prend sa naissance entre les XI° et XIII° siècle où une très forte démographie engendra une grande confusion dans les villages pour reconnaître les gens. L'usage des deux noms se généralise, ce sont notre prénom et notre nom de famille ou patronyme (nom des pères).Vingt-cinq générations nous en séparent. Nous trouvons 3 sources principales: les surnoms familiaux (activité principale ou secondaire), les sobriquets et les noms de lieux. Ces noms ne sont jamais, ni revendiqués, ni choisis par l'intéressé. Donnés par des tiers, ils sont généralement plus teintés de moquerie et d'ironie que de louanges.

On trouve essentiellement le patronyme TRIAUD en Poitou-Charente.

= orthographe: "o", "au", "eau".

= terminaison: "-", "t", "d", "x", "lt"

Le suffixe -AUD se trouve principalement en Aunis; -EAU, en Vendée, Deux-Sèvres, Saintonge; -AULT, -LLAUD, en Charente. Cette différence provient de l'habitude régionale des prêtres qui transcrivaient les noms sur les registres paroissiaux.

Ce patronyme viendrait de l'ancien français TRILLE qui signifie TREILLE

Les TRIAUD sont originaires de Laleu-La Rochelle, région où se pratiquait une monoculture: la VIGNE, dirigée par les moines. Le vin supplanta en France la cervoise et celui récolté à Laleu avait une grande notoriété en France, à une époque où, dans la région de Bordeaux, l'on ne trouvait qu'une légère "piquette" (ils se sont rattrapés depuis).

Des raz de marée puis le phylloxéra vinrent totalement à bout de la culture de la vigne dans cette région dont les derniers pieds disparurent pendant l'entre-deux guerre. La région, bien que protégée par l'île de Ré, obligeait vraisemblablement à une culture en treille pour se protéger des forts vents d'ouest.

L'origine patronymique pourrait provenir, soit de la profession, soit de l'habitation possédant une treille.

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La TREILLE (du latin Trichila: berceau de verdure) est faite de ceps de vigne qui montent et sont assujettis contre un mur, un treillage, un arbre, afin d'obtenir une maturation parfaite du raisin. C'est le moyen de culture par excellence des vignes à raisins de table. Les murs sur lesquels on cultive la vigne ont de 1 à 3 mètres de hauteur; ils sont protégés par un petit toit (chaperon) et des crampons de fer fixés de loin en loin permettent de les munir d'auvents (en bois, paille ou verre). Les expositions les plus favorables sont, par ordre, le sud-est, le sud et le sud-ouest. La vigne est soumise à un mode de taille particulier.

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Une TRILLE est également une sorte de carrelet, espèce de filet monté sur deux portions de cercle qui se croisent et que l'on suspend à un long manche.

Laleu-La Rochelle étant au bord de la mer, nos ancêtres étaient-ils pêcheurs à pied et se servaient-ils d'une trille pour prendre des crevettes ???

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TRIAU est un nom donné en Champagne à de mauvais terrains, dits aussi savaris ou friches.

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TRILLE (en l'italien: TRILLO, de TRILLARE: faire des roulades) est un terme de musique, mouvement rapide de deux notes voisines.

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TRILLER (du latin: TRITTILARE) signifiait gazouiller.


Les patronymes originaires de la culture de la vigne.

 

La France a toujours été réputée pour ses vins. Comment donc s'étonner que tant de noms fleurent bon la vigne et ses produits ?

Autrefois cultivée dans le sud du pays, essentiellement la Narbonnaise, la vigne, au cours du Moyen-Age, se développe considérablement. Les besoins des laïcs, comme ceux des clercs pour le vin de messe, la reprise du commerce avec les villes qui naissent partout à cette époque couvrent la France entière de vignobles. Religieux, nobles, vilains, bourgeois, tous ont leurs vignes, à commencer par le roi. Elles pénètrent dans tous les jardins et décorent les murs des maisons, tout comme le fait la « treille du Roy » à Fontainebleau. Elles arrivent même sur les chapiteaux des cathédrales, qui montrent des scènes de vendanges, un des plus grand moments de la vie rurale. Ces vendanges ne débutent que lorsque le seigneur a levé le « ban des vendangeurs » qui en fixe l’ordre et le calendrier, commençant évidemment par les siennes. Manouvriers et petits laboureurs forment alors un complément de main-d’œuvre que l’on nourrit copieusement. On voit ainsi les abbayes faire rentrer dès le début de septembre des porcs, des harengs, des sacs de fèves et des fromages en prévision de ces grandes tablées.

Des vignes partout donc, souvent en bordure des cours d’eau qui facilitent le commerce, mais qui les mettent aussi en perpétuelle concurrence entre elles. En Bretagne, sur les bords de la Vilaine, en Lorraine, en Nivernais, nulle région ne peut échapper à ses pampres et à ses vrilles. Les Anglais apprécient ces vins de Bordeaux que la reine Aliénor leur apportera lors de son mariage, les vins de la région parisienne et de Champagne sont recherchés, même s’il faudra attendre que le cellérier de l’abbaye d’Hautvilliers, près d’Epernay, un certain Dom Pérignon, invente la champagnisation au XVII° siècle. Si le vin d’Auxerre est connu grâce à l’Yonne et à la Seine, celui de la Côte d’Or l’est cependant moins et ce n’est que vers 1200 que l’on commence à parler de celui de Beaune, qui "échauffe et rend batailleur" et que les ducs de Bourgogne sauront conduire aux plus hautes destinées. Cette expansion de la vigne en France se poursuivra longtemps, souvent jusqu'à la crise du phylloxéra au siècle dernier.

Voici donc les VIGNE(S), LAVIGNE, DELAVIGNE, VIGNOL, VIGNOLLES, DESVIGNES, TREILLES, LATREILLE et les PLANT (endroit planté de vignes), PLANTÉ, PLANTADE, PLANTIN, PLANTIER...., autant de noms de lieux devenus noms de famille, comme encore VIGNY et VINAY.

Les propriétaires de vignes donneront les VIGNAL, VIGNAULT, VIGNOT..., et leur agent, chargé de l’administration et surtout de la garde des vignes avant le début des vendanges, est le CLOSIER, CLOZIER ou CLOUSIER...

Les travailleurs de la vigne se retrouvent dans les VIGNERON, VIGNEROT (Normandie), VIGNIER, VIGNIÉ, VIGNON, VINATIER (fabricant de vin), POUDEVIGNE (tailleur de vigne), mais beaucoup de surnoms sont aussi donnés aux consommateurs.

Boire du vin jusqu'à en vomir coûtait jusqu'à quinze jours de jeûne pour sa pénitence, sauf si l’on avait commis l’excès après avoir communié et vomi l’Eucharistie (quarante jours). Celui qui avait enivré son prochain s’en tirait avec dix jours, si c’était par amitié, vingt, s’il avait agi par méchanceté.

Cela n’empêche évidemment pas de boire. Même si le vin est limité par son prix à l’usage des seigneurs, le petit peuple peut s’y adonner en région de vignobles, et quelle région n’en a pas? Partout le vin détrône l’ancienne cervoise.

De leur côté, nos commères de village peuvent donc s’en donner à cœur joie. Une foule de surnoms surgissent. BOIVIN est en principe évident, BOILEAU révèle toute l’hypocrisie villageoise dans la ligne de GATEVIN, TATEVIN, TOURNEVIN, TOSTIVIN (trempé dans le vin), PO(T)DEVIN (qui ne prend son sens actuel qu’au XVI° siècle), CORNEVIN (qui corne, qui réclame du vin) ou HEURTEVIN (qui heurte le vin en choquant le verre pour trinquer), et jusqu’à PISSAVIN !

PION, en Normandie, est le nom du buveur. Le « piot » est alors la boisson alcoolisée. Dans Pantagruel, Rabelais parle lui-même de « cette nectarine délicieuse, précieuse, céleste, joieuse et déïfique liqueur qu’on nomme le piot ». Le vieux verbe « pier » signifiait s’enivrer. Est-ce donc là l’origine de tant de PIET, PIOT, PIAULT, PILLOT...., si courants en de nombreuses régions et traditionnellement expliqués par analogie avec le bébé pie ?

Je me demande s’il ne faut pas ajouter à cette liste les nombreux GATEAU, GATAUD, souvent autrefois GASTEAU..., dont le nom peut certes venir du gastel du pâtissier, d’un vieux GASTOLD germanique, mais aussi, pourquoi pas, avoir été donné à celui qui gâtait l’eau. Il y a fort à parier alors qu’il le faisait... avec du vin. Le débat est éternel. On publia d’ailleurs dès l’époque « La desputaison du vin et de l’iaue ».

« Les Noms de Famille et leurs secrets » par Jean-Louis BEAUCARNOT.


RICHARD

Le patronyme RICHARD dérive du prénom, lui-même issu d'un nom germanique composé de "ric": puissant, et "-hard": dur. On compte environ 105.800 RICHARD en France, ce qui le met au sixième rang. La Loire-Atlantique, avec la région parisienne, est le département en possédant le plus.

De même origine, il y a les RICHARD francien, poitevin, bourguignon, opposés aux RICARD, méridional ou normanno-germanique.


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